Le problème : un rideau de conifères trop vieux pour son jardin
Beaucoup de jardins de la Somme maritime ont été plantés dans les années 1970 et 1980 avec un rideau de résineux en limite de propriété : épicéas, sapins, cyprès. Quarante ans plus tard, ces arbres font vingt à vingt-cinq mètres, leurs branches basses sont mortes, leurs racines sont superficielles, et ils sont plantés bien trop serrés pour avoir développé un tronc solide.

Le danger n'est pas théorique. Un arbre serré dans un rideau n'a pas de houppier équilibré : il monte vers la lumière, s'allonge, et le jour où son voisin tombe, il se retrouve seul face au vent sans y être préparé.
Reconnaître un arbre à abattre
- Il penche, et il a bougé. Un arbre qui a toujours penché n'est pas forcément dangereux. Un arbre qui s'est incliné cette année l'est.
- Le sol se soulève au pied, côté opposé à l'inclinaison : le système racinaire se déchausse.
- Un champignon pousse sur le tronc ou au collet. C'est le signe d'un bois en décomposition à l'intérieur.
- Une fente verticale dans le tronc, ou une cavité qui résonne creux.
- Il est appuyé sur un autre arbre. C'est le cas le plus traître : l'arbre est déjà tombé, il est simplement retenu.

L'abattage directionnel : deux coupes et une charnière
Abattre, ce n'est pas scier le tronc jusqu'à ce qu'il cède. C'est décider à l'avance où l'arbre va tomber, puis l'y contraindre. Tout tient en trois gestes.
- L'entaille de direction. Un coin en V scié du côté où l'arbre doit tomber, sur environ un tiers du diamètre du tronc. Elle ouvre le chemin et donne la direction.
- Le trait d'abattage. Une coupe horizontale du côté opposé, légèrement plus haute que la base de l'entaille. Ce décalage est volontaire : il empêche l'arbre de reculer sur la souche.
- La charnière. La bande de bois qu'on laisse volontairement entre les deux coupes. C'est elle qui guide la chute, comme une charnière de porte. On ne la scie jamais. Un arbre dont on a coupé la charnière tombe où il veut.
Avant la première coupe, le bûcheron dégage deux chemins de recul en diagonale, à quarante-cinq degrés de la direction de chute, et il nettoie le pied de l'arbre. On ne recule jamais droit derrière : c'est de ce côté-là que part le tronc quand il se cabre.
Ce que montre une souche bien coupée
Une fois l'arbre au sol, la souche raconte le travail. On y lit l'entaille, le trait d'abattage un peu plus haut, et entre les deux la trace de la charnière, régulière d'un bout à l'autre.

Une charnière plus épaisse d'un côté que de l'autre fait pivoter l'arbre pendant la chute. C'est ce détail de quelques millimètres qui décide si le conifère tombe dans l'allée prévue ou sur la clôture du voisin.
Les cas où on n'abatte pas depuis le sol
L'abattage direct suppose de la place pour coucher l'arbre entier. Quand il n'y en a pas, on change de méthode plutôt que de prendre le risque.
- Un arbre au-dessus d'une maison, d'une véranda ou d'une ligne électrique se démonte par le haut, tronçon par tronçon, en rappel, jamais d'un seul morceau.
- Un arbre encroué, retenu par un autre, se dégage avec un treuil ou un tire-fort, pas à la tronçonneuse.
- Un arbre creux n'offre aucune charnière fiable : le bois n'a plus la fibre qu'il faut pour guider la chute.
- Un arbre sous tension, plié ou arc-bouté après une tempête, libère brutalement son énergie à la première coupe.
Dans ces quatre cas, nous vous le disons au moment du devis plutôt que sur place le jour du chantier.
Après l'arbre : la souche
Un arbre abattu laisse une souche, et une souche de résineux ne pourrit pas vite. Tant qu'elle est là, on ne peut ni tondre proprement, ni replanter au même endroit, ni passer un engin. Nous la broyons à la rogneuse de souche, qui descend sous le niveau du sol et transforme la souche en copeaux ; le trou est ensuite rebouché en terre végétale. C'est le travail que décrit notre page dessouchage à la rogneuse.
Le bois, lui, est débité sur place. Les grumes de résineux font du bois de chauffage correct une fois sèches, les branches partent au broyage ou en déchèterie selon le volume.
Faut-il une autorisation pour abattre un arbre ?
Souvent non, parfois oui, et c'est à vérifier avant de commencer.
- Un arbre ordinaire dans un jardin privé s'abat librement dans la plupart des communes.
- Le plan local d'urbanisme peut protéger un arbre ou un alignement repéré comme élément de paysage : la déclaration préalable devient obligatoire.
- Un espace boisé classé interdit l'abattage sans autorisation.
- Aux abords d'un monument historique ou dans un site protégé, l'avis de l'architecte des bâtiments de France est requis.
- Un arbre en limite de propriété appartient à celui sur le terrain duquel pousse le tronc ; mitoyen, il demande l'accord des deux voisins.
Un appel en mairie règle la question en cinq minutes. Nous détaillons les démarches dans notre article sur les déclarations préalables pour des travaux extérieurs.
La bonne saison
L'hiver, de novembre à mars, est la meilleure période : l'arbre est sans sève, le bois sèche mieux, le sol porte les engins et les oiseaux ne nichent pas. La loi protège d'ailleurs les nichées : on évite les abattages en pleine période de nidification, de mars à juillet, sauf danger avéré.
Un arbre dangereux, lui, n'attend pas la saison. Après un coup de vent, s'il penche, s'il craque ou s'il s'appuie sur un autre, l'intervention est urgente, quel que soit le mois.
Notre secteur
Nous abattons, élaguons et dessouchons à Gamaches, Eu, Le Tréport, Blangy-sur-Bresle, Friville-Escarbotin, Abbeville, Saint-Valery-sur-Somme et dans tout le Vimeu et la vallée de la Bresle. Le déplacement et le devis sont gratuits, et c'est en voyant l'arbre, sa penchée, son environnement et la place disponible que l'on dit s'il s'abat d'un seul tenant ou s'il faut le démonter.
Questions fréquentes
Comment savoir si un arbre est dangereux ?
Cinq signes doivent alerter : l'arbre s'est incliné récemment, le sol se soulève à son pied du côté opposé, un champignon pousse sur le tronc ou au collet, une fente verticale ou une cavité creuse apparaît, ou l'arbre est appuyé sur un voisin. Le dernier cas est le plus dangereux : l'arbre est déjà tombé, il est simplement retenu.
Qu'est-ce que la charnière dans un abattage ?
C'est la bande de bois qu'on laisse volontairement entre l'entaille de direction et le trait d'abattage. Elle guide la chute comme la charnière d'une porte. On ne la scie jamais : un arbre dont la charnière est coupée tombe dans une direction imprévisible.
Peut-on abattre un arbre soi-même ?
Un petit arbre dégagé, dans un terrain vide, oui, avec le matériel et les protections adaptés. Un grand conifère, un arbre penché, un arbre près d'une maison, d'une clôture ou d'une ligne électrique, non : la chute d'un tronc de vingt mètres ne se rattrape pas, et un arbre encroué ou sous tension peut se libérer d'un coup à la première coupe.
Faut-il une autorisation pour abattre un arbre dans son jardin ?
Dans la plupart des communes, un arbre ordinaire d'un jardin privé s'abat librement. Une déclaration préalable devient obligatoire si le plan local d'urbanisme protège l'arbre, s'il se trouve en espace boisé classé, ou aux abords d'un monument historique. Un appel en mairie permet de vérifier en quelques minutes.
Quelle est la meilleure saison pour abattre un arbre ?
L'hiver, de novembre à mars : l'arbre est sans sève, le bois sèche mieux, le sol porte les engins et les oiseaux ne nichent pas. On évite la période de nidification, de mars à juillet, sauf si l'arbre présente un danger : dans ce cas l'intervention ne se reporte pas.
Que devient la souche après l'abattage ?
Elle reste en terre si on ne fait rien, et une souche de résineux met des années à se décomposer. Nous la broyons à la rogneuse sous le niveau du sol, puis nous rebouchons en terre végétale : le terrain redevient tondable et replantable.
Que fait-on du bois après l'abattage ?
Il est débité sur place. Les grumes font du bois de chauffage une fois sèches, et nous pouvons les laisser rangées si vous les gardez. Les branches partent au broyage ou en déchèterie selon le volume, et le terrain est rendu propre.
Écrit par Teddy Dumenil, TED Services, Tilloy-Floriville. Aucun prix ni délai contractuel dans nos articles : chaque chantier se chiffre après visite.


